A la découverte de Jann Halexander

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Cestunechanson.fr donne aussi la parole aux nouveaux talents. Parmi eux, Jann Halexander, auteur-compositeur-interprète à l’univers très personnel. Conjuguant humour et mélancolie, ses chansons portent un vrai regard sur notre société. Se définissant avant tout comme un artiste de scène, le chanteur affiche déjà, à tout juste 31 ans, onze ans de carrière, dix albums et un public fidèle à Paris comme en province, mais aussi en Allemagne et en Belgique. A l’occasion de la sortie, le 15 janvier dernier, de son nouvel album Un bon chanteur est un chanteur mort (label TH), Jann Halexander revient sur son parcours.

Jann Halexander, racontez-nous vos débuts dans la chanson…

Je suis franco-gabonais mais j’ai grandi à Angers. J’ai ensuite vécu en Afrique du Sud avant de revenir en France. Je joue du piano depuis l’âge de 6 ans mais je ne me destinais pas à la chanson. Ma mère était professeur de piano, autant dire que je n’ai pas vraiment eu le choix de l’instrument !

Je suis curieux de beaucoup de choses et me suis lancé dans plusieurs aventures avant de devenir chanteur. Après des études de géographie, j’ai fait de la figuration, j’ai écrit un roman qui n’a malheureusement jamais été publié, je me suis essayé à la réalisation de documentaires… Mes vrais débuts dans la chanson remontent à 2003, et j’ai décidé de m’y consacrer pleinement en 2008.

Mais c’est difficile, l’industrie du disque est en crise, les petites salles parisiennes ferment les unes après les autres…  Et je dois dire que vouloir faire de la chanson à texte en étant métisse ne m’a pas aidé… Les gens du métier étaient surpris de me voir dans cet univers, derrière un piano. Ils m’attendaient davantage dans un répertoire RnB ou rap, et j’ai eu du mal à être programmé dans les festivals. Heureusement que des cabarets à Angers et à Paris m’ont donné ma chance. J’ai d’ailleurs la chance de me produire régulièrement au cabaret Le Magique, tenu par le chanteur Marc Havet.

Cela m’a fait comprendre que le talent n’est pas la seule chose qui compte, il y a aussi ce que l’on représente. Là-dessus, les sujets que j’aborde dans mes chansons ont pu me coller l’image d’un chanteur non consensuel, dérangeant, voire provoquant… Quand je chante J’aimerais j’aimerais sur l’homosexualité, ça gêne. Je ne connais pas de chanteur d’origine africaine qui ait chanté l’homosexualité, même Yannick Noah ! C’est encore un tabou…

Vos chansons abordent souvent des sujets de société, pourquoi ce choix ?

J’utilise la chanson pour chanter le vivre ensemble : toutes les classes sociales, toutes les origines, les femmes, les hommes. Mon univers est un mélange de chansons à texte et de variété mais est-ce si différent ?… La frontière est ténue entre la variété et la chanson à texte : je crois que les arrangements y font beaucoup. Je peux être très classique avec certaines chansons (A table, Je suis une star et vous ne le savez pas, Tristes tropiques), plus léger avec Le sexe triste ou Le vin solitaire par exemple, mais aussi très lourd avec Postérité.

Écrire, chanter, jouer du piano, ça me rend vivant. C’est la curiosité qui me permet de créer, de composer au piano et d’écrire mes textes.

Parlons de votre dernier album : Un bon chanteur est un chanteur mort. Pourquoi ce titre ?

J’ai écrit cette chanson juste après l’annonce de la mort d’Allain Leprest [en août 2011]. J’ai été troublé. C’est quelqu’un qui comptait beaucoup pour moi mais dont on a très peu parlé jusqu’à sa disparition. La médiatisation de sa mort m’a inspiré ce texte que j’ai terminé bien plus tard, en mars 2013, un lendemain de concert à Paris où je n’avais pas du tout le moral. Je me disais « j’ai brillé hier et je ne suis plus rien ce matin », comme si j’étais mort.

Peintre, écrivains, acteur, footballeur : vos chansons sont parfois des hommages…

Oui, ça n’est pas courant mais je rends régulièrement hommage dans mes chansons à des artistes, connus ou mas, qui m’ont marqué. C’est le cas des chansons Tristes Tropiques [en hommage à l’anthropologue Claude Lévi-Strauss] Jeanne Habuterne [artiste-peintre qui partageait la vie de Modigliani] ou Requiem pour Dewaere [l’acteur Patrick Dewaere] sur le dernier album. Mais aussi Serge Gainsbourg avec une reprise  la guitare de La Javanaise, en hommage à mon oncle.

Sur cet album, vous avez collaboré avec plusieurs paroliers. Est-ce la première fois ?

Oui, c’est le premier album où il y autant de collaborations. J’avais pour habitude d’écrire moi-même mais Cyril Sarot, Agnès Renault et Véronique Pestel m’ont proposé des textes qui m’ont plu. C’est très intéressant de mettre en musique les paroles des autres, mais il faut que le texte plaise à l’interprète.

Quelles sont vos références dans la chanson française ?

Jacques Higelin, Allain Leprest, Anne Sylvestre, Jean Guidoni… Mais aussi Mylène Farmer, Sylvie Vartan, William Sheller, Stromae… J’ai des goûts très éclectiques ! J’aime aussi beaucoup Clémence Savelli, une amie, qui représente pour moi le « Léo Ferré féminin ».

Parlons de votre actualité…

Je vais beaucoup tourner avec mon nouvel album en 2014 et 2015. Je serai d’ailleurs en concert les 22 et 23 mars au Tremplin théâtre à Paris, puis en province à partir de fin mars.

Je chanterai également les 7, 8 et 9 mars aux côtés de Gaëlle Cotte lors de trois concerts organisés par Frédéric Pagès, en hommage à Claude Nougaro, disparu il y a 10 ans.

Retrouvez toutes les dates de concert ici : http://www.jannhalexander.blogspot.fr
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Nouvel album disponible sur :

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