Festival de Sanremo : ces chansons italiennes devenues des tubes en français ! (2/2)

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Eros Ramazzotti, Laura Pausini, Zucchero, Andrea Boccelli : ces stars italiennes ont toutes connu la consécration à Sanremo, où se déroule depuis les années 1950 un festival de la chanson qui passionne les téléspectateurs transalpins et inspire les artistes étrangers en quête d’un tube. Et les stars françaises n’échappent pas à la règle.

Après avoir découvert 3 succès nés au Festival de Sanremo dans les années 1980, voici 5 chansons qui ont marqué la génération précédente… des deux côtés de la frontière.

1Che sarà / Qui saura

En 1971, une chanson s’apprête à faire le tour le monde : Che sarà, qui met en musique les thèmes du déracinement et de l’émigration. Pourtant, à Sanremo, elle doit se contenter de la deuxième place.

Comme le veut le règlement en vigueur cette année-là, chaque titre en compétition est interprété deux fois. À l’origine, le morceau a été composé pour le chanteur et guitariste portoricain José Feliciano – qui est alors une vedette internationale. Mais chez nous, on se souvient surtout de la version d’un groupe révélé lors du festival de l’année précédente : les Ricchi e Poveri, qui populariseront plus tard Sarà perché ti amo.

En France, la chanson est adaptée par Michel Jourdan et proposée à Mike Brant. Sortie en avril 1972, elle se vend à plus d’un million d’exemplaires.

2La pioggia / L’orage

Autre exemple de « double interprétation », comme le prévoyait le règlement du festival de 1957 à 1971 : La pioggia.

Lors de l’édition 1969, la chanson est défendue par Gigliola Cinquetti et France Gall.
Le choix des deux artistes n’est pas le fruit du hasard : elles s’étaient déjà croisées à Naples, lors de l’Eurovision 1965. La Française, gagnante avec Poupée de cire, poupée de son, avait succédé à l’Italienne, lauréate l’année précédente avec Non ho l’età.

Les deux jeunes femmes enregistreront également chacune la version française, intitulée L’orage.

À Sanremo, La pioggia se classe sixième. Trois ans plus tôt, Gigliola Cinquetti avait eu plus de chance : elle avait partagé le premier prix avec Domenico Modugno.

Mais en 1966, ce n’est pas le titre Dio, come ti amo que le public plébiscite…

3Nessuno mi può giudicare / Amoureux de ma femme

Interprétée par Caterina Caselli, Nessuno mi può giudicare, où l’histoire d’une femme qui confesse un écart amoureux, se hisse en deuxième position.

Forte de son succès à Sanremo, Caterina Caselli sort une version française, Baisse un peu la radio, qui passe inaperçue. En 1974, Richard Anthony tente sa chance. La traduction renoue avec le sens original… et le renverse : Amoureux de ma femme. Dans le rôle d’un mari volage qui se surprend à nouveau fidèle, il fait un triomphe.

4Il ragazzo della Via Gluck / La maison où j’ai grandi

Au départ, Nessuno mi può giudicare était destinée à Adriano Celentano qui préfère concourir avec Il ragazzo della Via Gluck. Ce morceau autobiographique, qui évoque l’exode de la population des campagnes vers les villes, ne parvient pas à se qualifier pour la finale.

Françoise Hardy, qui participe également au Festival de Sanremo 1966, est séduite par la chanson. Elle la reprend dans une adaptation assez fidèle signée Eddie Marnay : La maison où j’ai grandi.

5Una lacrima sul viso / Sur ton visage une larme

Le titre que Bobby Solo présente à Sanremo en 1964 fait lui aussi partie des recalés. Disqualifiée à cause d’un mal de gorge qui oblige son interprète à se produire en play-back, Una lacrima sul viso atteindra néanmoins la tête des charts.

Pour les besoins de la version française, Bobby Solo s’essaiera à la langue de Molière. Une reprise calquée sur l’original qu’il partagera avec le chanteur Lucky Blondo, très populaire à l’époque.