L’important c’est la rose : la chanson de la Primaire de gauche ?

0

Alors que les électeurs de gauche sont appelés aux urnes pour désigner le candidat du Parti Socialiste et de ses alliés à la prochaine élection présidentielle, ce titre semble illustrer à merveille les convictions de certains prétendants. Mais quelle est la véritable origine de cette chanson ?

1967. Lors d’un concert à Bruxelles, Gilbert Bécaud interprète L’important c’est la rose. La chanson est sortie peu de temps avant dans une relative confidentialité : elle ne figure qu’en fin d’album. Mais ce soir-là, le succès est tel que Bécaud la chante à trois reprises ! Un standard est né.

En réalité, cette chanson n’a rien à voir avec le Parti Socialiste et son célèbre emblème, créé à l’aube des années 1970 lors de la refondation du mouvement politique. L’association entre le tube de Bécaud et la rose du PS, on la doit à l’imitateur Thierry Le Luron. Le 10 novembre 1984, le public de l’émission de Michel Drucker Champs-Élysées découvre la parodie L’emmerdant, c’est la rose. Un texte signé Bernard Mabille qui se moque de l’exercice du pouvoir par la majorité présidentielle élue trois ans plus tôt.

Bécaud n’est que le compositeur de L’important c’est la rose. Mais à l’origine, c’est un poème de l’un des paroliers les plus importants dans la carrière de Bécaud : Louis Amade. C’est Édith Piaf qui, au début des années 1950, a présenté cet auteur à ses heures perdues – il était préfet et haut fonctionnaire de police – à celui qu’on surnommera plus tard « Monsieur Cent-mille volts ».

L’important c’est la rose naît alors qu’Amade se rend à une cérémonie organisée à la Maison de la Radio, dont les environs étaient ce jour-là recouverts de magnifiques roses. Au passage du cortège, une fleur est arrachée. Un policier la ramasse et l’utilise pour faire la circulation, ce qui inspire à Amade une réaction qui deviendra le titre de la chanson.

Bécaud enregistrera son tube en anglais et en espagnol. Il sera traduit en danois, en suédois, en italien, en tchèque et en allemand. Tino Rossi enregistrera une reprise de la version originale, tout comme la chanteuse portugaise Amália Rodrigues, dans une variante aux sonorités inspirées du célèbre fado.