Sur les pas de Claude Nougaro

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Il y a dix ans jour pour jour, Claude Nougaro nous quittait. Emporté à l’âge de 74 ans par un cancer du pancréas, l’auteur-compositeur-interprète natif de Toulouse nous laisse un immense répertoire alliant chanson française, poésie et rythmes empruntés au jazz ainsi qu’aux musiques latines et africaines.

Le Jazz et la Java (1962), Cécile ma fille (1963), Tu verras (1978), Nougayork (1987) – titre de l’album éponyme récompensé par une Victoire de la musique – sans oublier Toulouse, l’hymne dédié à sa ville natale en 1967, sont autant de succès qui jalonnent la carrière de l’artiste. Pourtant, l’œuvre de Claude Nougaro est encore trop rarement à l’honneur des émissions musicales et des programmations radios.

Interprétations sur les plateaux télé, interviews confessions, reportages dans son intimité : découvrez sur le site de l’INA une sélection d’archives qui rend hommage au chanteur à travers de nombreuses vidéos.

Toulouse est devenue Nougayork

La « Ville rose » n’oublie pas son enfant chéri. Une salle de concert, un collège, un jardin municipal et une esplanade portent son nom, tout comme une station de métro dans le quartier de son enfance, les Minimes. L’office de tourisme propose même des visites guidées autour des grands lieux qui ont marqué la vie de l’artiste. De sa maison natale, boulevard d’Arcole, à la Basilique Saint-Sernin où eurent lieu ses obsèques, en passant par son appartement quai de Tounis avec vue sur la Garonne, c’est l’occasion de découvrir la ville sous un angle original.

Mais ce n’est pas tout. Le 9 septembre prochain, jour de l’anniversaire du chanteur, une statue du sculpteur Sébastien Langloÿs sera installée derrière la place du Capitole. L’initiative revient à Hélène, la dernière épouse du chanteur. Au début du printemps 2015, une « Maison Nougaro » devrait également voir le jour. Aménagée dans une péniche sur le canal du Midi, elle ne sera pas seulement un musée à la gloire du chanteur. Porté par Cécile, sa fille aînée, le projet a l’ambition de faire du lieu une « scène flottante » et un « café fluvial ».

À noter que Paris commémorera aussi le dixième anniversaire de la disparition de Claude Nougaro. Un portrait monumental, d’après un cliché en noir et blanc de la fin des années 1970 signé Claude Delorme, est installé jusqu’au 4 avril sur une façade du ministère de la Culture.

Nougaro : compilations et ouvrages

Universal publie L’Amour sorcier, un coffret de 29 CD en tirage limité comprenant ses albums studio entre 1959 et 1985 puis entre 1991 et 1999 ainsi que 12 enregistrements en public. Les amateurs feront d’heureuses découvertes. Certains titres « live » n’ont jamais encore été publiés, d’autres étaient sortis uniquement en vinyle.

Cette anthologie monumentale, disponible également sur Internet, n’est cependant pas une intégrale. Un autre pan de son oeuvre sort chez Warner, qui a édité Nougaro à la fin des années 1980 et racheté EMI, maison de disques du chanteur dans les dernières années de sa vie. Sont proposés deux coffrets plus modestes : Made in USA (avec notamment Nougayork) et In Paris (incluant entre autres La Note bleue).

La célébration se poursuit en librairie. Les éditions La Martinière publient L’Intégrale Nougaro, l’histoire de toutes ses chansons, un dictionnaire de ses chansons commentées et expliquées par Laurent Balandras. Les éditions Hors Collection proposent Le Parcours du cœur battant, écrit par son ami Christian Laborde. De son côté, Flammarion édite Claude Nougaro, un album de photos et de textes signé par sa veuve Hélène, et J’entends encore l’écho de la voix de papa, un témoignage de Théa, l’une de ses filles.

Crédit photo : Éric Cabanis / AFP.