Du pape au Vatican : l’Église catholique en chansons

Alors que l’élection du nouveau pape François faisait récemment les titres de l’actualité, www.Cestunechanson.fr a souhaité se pencher sur les chansons consacrées au souverain pontife et à la politique du Vatican.

Après quelques recherches, force est de constater que la figure du Saint-Père a peu marqué la chanson française : seuls Léo Ferré et Pierre Bachelet semblent avoir été inspirés par sa Sainteté !… Mais le ton prêché se veut radicalement opposé : tandis que le premier dénonçait l’attentisme de Pie XII, le second célébrait le charisme de Jean-Paul II.

• 1949 : Léo Ferré dénonce en chanson le silence de Monsieur Tout-Blanc

Nous sommes en 1949, dix ans après l’élection du pape Pie XII, lorsque Léo Ferré, qui débute alors sa carrière, écrit Monsieur Tout-Blanc : Monsieur Tout-Blanc / L’oiseau blessé que chaque jour vous consommez était d’une race maudite / Monsieur Tout-Blanc / Entre nous dites, rappelez-vous y’a pas longtemps vous vous taisiez… La messe est dite ! Léo Ferré entend dénoncer le silence et l’inaction du pape Pie XII au cours de la seconde guerre mondiale face à la persécution des juifs. La chanson sera alors interdite par le Comité d’écoute de la radiodiffusion française.

1989 : La chanson-hommage de Pierre Bachelet au pape Jean-Paul II

Bien loin de cette diatribe, Pierre Bachelet chantera, quarante ans plus tard, en 1989, les louanges de Jean-Paul II, pontife depuis 1978, avec L’homme en blanc. Il met alors en musique, sur des rythmes reggae, les paroles de son fidèle parolier, Jean-Pierre Lang, et rend ainsi un vibrant hommage au pape voyageur qu’était Jean-Paul II : Il arrive, il descend, il est là l’homme en blanc / Il poursuit son voyage infatigablement / Dieu que le ciel est bleu quand on le voit si blanc / Comme une voile qui bouge sur la marée des gens… 

Triste coïncidence, Jean-Paul II et Pierre Bachelet décéderont la même année, en 2005, à quelques semaines d’écart.

Redécouvrez cette chanson en regardant le clip de L’homme en blanc :

Outre la figure du pape, la politique et les règles du clergé catholique ont également inspiré quelques chansons, dont la plupart sont aujourd’hui tombées dans l’oubli.

Vatican II : une ‘Tempête dans un bénitier’ chantée par Georges Brassens (1976)

Amusé par les oppositions soulevées par le Concile de Vatican II (1962-65) et le conflit qui oppose à l’époque le traditionaliste Monseigneur Lefèvre aux réformistes de l’Eglise, Georges Brassens reprend un quatrain griffonné quelques années plus tôt : Ils ne savent pas ce qu’ils perdent /Tous ces fichus calotins /Sans le latin, sans le latin /La messe nous emmerde…

Il en fait une chanson, Tempête dans un bénitier, enregistrée en 1976, dans laquelle il moque l’une des réformes de modernisation de l’église catholique engagée par Vatican II : la suppression de la messe en latin. Georges Brassens, qui n’était pas pratiquant, tourne toute cette affaire en dérision : « Mon seul but était de rigoler » dira-t-il.

Découvrez l’interview accordée par Georges Brassens, chez lui, dans laquelle il s’exprime sur cette chanson qu’il reprend ensuite avec le « chœur des copains » (JT d’A2 du 17 octobre 1976 – Archives de l’INA) :

Serge Lama contre la dérive communiste de l’Église (1986)

Plus méconnue du grand public, la chanson Je vous salue Marie de Serge Lama (1986) se veut elle aussi très critique à l’endroit de la politique du clergé de l’époque. Les paroles de Serge Lama dénoncent le rapprochement du clergé français vis-à-vis du communisme dans les années 1960-1970, notamment le développement des prêtres ouvriers. « Il ne faut pas confondre catholicisme et marxisme-léninisme » confie-t-il alors à Michel Drucker dans l’émission Champs-Elysées, après avoir interprété cette chanson :

Le vœu de chasteté inspire quelques chansons…

A travers La religieuse (1969) et La légende de la nonne (1955) (adaptation et mise en musique d’un poème de Victor Hugo), Georges Brassens évoquera également la faillite du vœu de chasteté.

Ce thème sera d’ailleurs repris quelques années plus tard, en 1973, par Michel Sardou dans sa chanson Le curé (écrite avec Pierre Delanoë et mise en musique par Jacques Revaux) : Ah, bon Dieu, si l’on était deux / Pour t’aimer, pour te servir / On s’rait pas trop de deux. Ce plaidoyer contre le célibat des prêtres crééra la polémique !

Céline Dion abordera également le sujet, en 1988, avec La Religieuse, très belle chanson signée Didier Barbelivien : Et quand lui viennent ces idées là / C´est à peine si elle en rougit / La religieuse a comme moi / Des nuits d´amour en nostalgie.

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