Eurovision : Ces chansons qui ont fait gagner la France

A l’heure du 59e concours Eurovision, Cestunechanson vous propose de redécouvrir les chansons francophones qui ont marqué la compétition depuis sa première édition, en 1956. Victorieuses ou non, elles sont devenues parfois de grands succès internationaux et souvent d’importants tournants dans la carrière de leurs interprètes et de leurs auteurs-compositeurs. Commençons par ces chansons qui ont mené la France à la victoire à cinq reprises : en 1958, 1960, 1962, 1969 et 1977.

1958 : André Claveau offre à la France sa première victoire avec Dors, mon amour

La France décroche sa première victoire au concours Eurovision à Hilversum aux Pays-Bas grâce à l’interprétation du chanteur et acteur André Claveau, alors au sommet de sa carrière et choisi par la RTF pour représenter le pays. (Voir la prestation d’André Claveau : ici)

Les auteurs de la chanson victorieuse Dors mon amour, le parolier (encore méconnu) Pierre Delanoë et le compositeur Hubert Giraud, signeront par la suite bien d’autres chansons pour le concours européen de la chanson. Pierre Delanoë écrira pour la France (Noëlle Cordier en 1967 avec Il doit faire beau là-bas, puis Nicole Rieu en 1975 avec Et bonjour à toi l’artiste), pour le Luxembourg (Nana Mouskouri en 1963 avec À force de prier), pour Monaco (Colette Deréal en 1961 avec Allons allons les enfants) ou encore la Suisse (Patrick Juvet en 1973 avec Je vais me marier Marie). Hubert Giraud renouvellera également l’expérience en composant, en 1959, la musique de la chanson Oui, oui, oui, oui interprétée par Jean Philippe, qui se placera à la troisième position sur onze.

1960 : Jacqueline Boyer fait de Tom Pillibi un succès européen

Lorsque la chanson Tom Pillibi est sélectionnée par l’ORTF parmi les 38 reçues, son interprète n’est autre que Marcel Amont. Mais si le titre séduit, le chanteur ne semble pas faire l’unanimité auprès du jury, qui verrait davantage une jeune artiste interpréter cette chanson. Avec l’accord du chanteur, c’est donc la jeune Jacqueline Boyer, fille de la chanteuse Lucienne Boyer et de Jacques Pills (accompagnateur et mari d’Edith Piaf), qui fût chargée de défendre les couleurs de la France au Concours Eurovision de la Chanson en 1960. A seulement 19 ans, Jacqueline Boyer remporte ainsi la compétition dans laquelle son père, Jacques Pills, qui représentait Monaco l’année précédente, avait terminé dernier. (Voir la prestation de Jacqueline Boyer : ici).

La chanson écrite par Pierre Cour et composée par André Popp, devient la première chanson gagnante du concours à connaître le succès dans plusieurs pays européens, notamment en Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Suède. En 1967, le duo Cour-Popp signera un autre grand succès : L’amour est bleu, interprétée par Vicky Léandros pour le Luxembourg. Arrivée à la quatrième place, la chanson connaîtra un succès international et de nombreuses reprises (par Michèle Torr, Les Compagnons de la Chanson, et l’instrumentiste Paul Mauriat notamment…).

1962 : Isabelle Aubret impose la France et sa chance avec Un premier amour

Après avoir échoué en 1961 aux sélections internes avec Le Gars de n’importe où (Maurice Vidalin-Jacques Datin), Isabelle Aubret retente sa chance l’année suivante. La jeune chanteuse, dont la carrière a débuté deux ans auparavant lors d’un concours de chant à l’Olympia, se voit sélectionnée face à Alain Barrière, Serge Gainsbourg et le vainqueur du concours Eurovision l’année précédente Jean-Claude Pascal.

Avec la chanson Un premier amour, écrite par Rolland Valade et composée par Claude-Henri Vic, Isabelle Aubret offre à la France sa troisième victoire (Voir la prestation d’Isabelle Aubret : ici). Elle rencontre la même année Jean Ferrat, qui écrit pour elle la chanson Deux enfants au soleil et lui offre la première partie de sa tournée : sa carrière est lancée ! De nouveau sélectionnée en 1968 pour représenter la France, Isabelle Aubret terminera à la troisième place avec sa chanson, La source, écrite par Guy Bonnet et composée par Daniel Faure.

1969 : la victoire partagée de Frida Boccara, Un jour, un enfant 

Il faut attendre 1969 pour voir la France remonter sur le podium pour la quatrième fois. En effet, si France Gall gagne en 1965 avec le titre Poupée de cire, poupée de son signé Serge Gainsbourg, elle portait les couleurs du Luxembourg.

La chanson, qui décrit les différentes étapes des découvertes du monde par un enfant, suscite l’ovation à Madrid le soir du concours, alors même que la chanteuse Frida Boccara était complètement aphone la veille. Une victoire inattendue et… partagée ! En effet, pour la première fois de l’histoire du concours, le vote donna quatre vainqueurs ex-aequo : l’Espagne, la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, obtenant chacun 18 votes. Cette possibilité n’ayant pas été envisagée par le règlement, ces quatre pays furent déclarés vainqueurs. (Voir la prestation de Frida Boccara : ici).

Signée Eddy Marnay et Emil Stern, la chanson reçut la même année le grand prix du disque de l’Académie Charles-Cros et sera l’une des plus diffusées pendant plusieurs semaines par les radios françaises. Fort de ce succès, le grand parolier Eddy Marnay (de Céline Dion entre autres) offrira à l’Eurovision deux autres chansons : Je suis tombé du ciel, interprété en 1970 par David Alexandre Winter qui représente le Luxembourg, puis Je suis l’enfant soleil interprétée par Anne-Marie David en 1979 pour la France.

1977, la dernière victoire Française : Marie Myriam, L’Oiseau et l’Enfant

Nous devons la dernière victoire de la France au concours Eurovision à Marie Myriam et à la chanson L’Oiseau et l’Enfant écrite par Joe Gracy et Jean-Paul Cara. Devançant le Royaume-Uni, l’Irlande et Monaco (représenté par Michèle Torr), elle décroche le trophée le 7 mai 1977 à Londres (Voir la prestation de Marie Myriam : ici). La chanson rencontrera par la suite un immense succès en France et à l’étranger et connaîtra près de 3000 versions différentes !

Joe Gracy manquera (de 17 points seulement !) l’occasion de décrocher un second trophée en 1976 avec le titre 1, 2, 3 interprété pour la France par Catherine Ferry (qui comptait un certain Daniel Balavoine parmi ses choristes), classé deuxième derrière le Royaume-Uni. En 1981, le duo Gracy-Cara récidive avec le titre Humanahum interprété par Jean Gabilou, qui décrochera la troisième place.

La France termine ainsi deuxième au palmarès des pays ayant remporté le plus de victoires : cinq au total, contre six pour l’Irlande. Cyril Feraud et Natasha St-Pier - Eurovision 2014A l’exception de Patricia Kaas arrivée à la huitième place en 2009, il faut désormais remonter à 2001 pour retrouver la France dans le top 10 du concours avec Natasha St-Pier, parvenue à se lacer en quatrième position avec la chanson Je n’ai que mon âme à Copenhague.

Et c’est de nouveau dans la capitale danoise que nous retrouverons Natasha St-Pier ce soir sur France 3, mais cette fois-ci dans la cabine des commentateurs aux côtés de Cyril Féraud, au micro depuis 2012. Ensemble, ils nous feront vivre en direct la 59ème finale du Concours.

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